Languedoc

Depuis des millénaires, l’Hérault et le Gard ont canalisé l’eau des vertes montagnes du Massif Central vers les plaines chaudes et sèches. Le Languedoc offre de merveilleuses cavernes, des gorges et des sources, ainsi qu’une magnifique architecture, du massif Pont du Gard d’époque romaine à la beauté médiévale de Guilhem-le-Désert.

 

J’ai d’abord vu le Pont du Gard depuis le haut en marchant à travers les oliveraies une chaude soirée de juin, suivant la route de l’aqueduc original depuis Uzès. Une ligne continue d’arches élégantes, empilées sur trois étages, enjambant la largeur du Gard dans une parfaite combinaison de forme et de fonction.

Construit il y a plus de 2 000 ans pour amener l’eau d’Uzès à Nîmes – une distance de 50 kilomètres avec un dénivelé d’à peine 17 mètres – l’aqueduc est l’une des grandes réalisations d’ingénierie de l’ère romaine 84. Les arches portent encore les inscriptions et les symboles gravés par les maçons. Le Pont du Gard est à présent une très importante attraction touristique avec un parking pour des milliers de voitures et un énorme centre d’accueil. L’idéal est de l’approcher de manière indirecte et à pied 86a. Le soir est un excellent moment pour apprécier la grandeur de la structure, et profiter ensuite d’une baignade dans les eaux indigo afin de balayer la chaleur de la journée.

En amont depuis le pont, en direction de Collias 85, vous découvrirez plus de plages de rivière. Ensuite, une zone de terrains militaires cède la place à d’autres gorges qui sont remarquablement sauvages et préservées si l’on prend en considération leur proximité avec les villes d’Avignon et de Nîmes. Si vous descendez dans les gorges en passant à travers les prairies et les buissons escarpés à La Baume 87, vous découvrirez les vestiges d’un hôtel abandonné en face des ruines d’un ancien four à chaux. Les bords de rochers sculptés situés au-dessus des eaux les plus claires sont tentants et l’endroit est si tranquille que vous pouvez entendre l’écho de votre voix. Plus loin en amont, la rivière dessine de magnifiques méandres dans la région sauvage du Plateau de Saint-Nicolas 87a. Ici, le cours du Gard est transitoire, coulant d’abord sous terre pour laisser le lit de la rivière asséché et parsemé de rochers, pour ensuite réapparaître dans de merveilleux lagons.

Depuis sa source sur les flancs sud-est du Massif Central, le Gard est connu sous le nom de Gardon. Ses deux petites rivières, le Gardon de Saint-Jean 88 et le Gardon de Mialet 89, jaillissent dans les gorges argentées et clapotent autour de grands rochers plats dans une région idyllique pour les amateurs de baignade sauvage, avec une combinaison de petites plages et de vastes étendues d’eau comme les étroites Gorges de Soucy 88c.

La Cèze, dans la partie nord de la région plus près de l’Ardèche, vaut une visite avec ses villages pittoresques, notamment Montclus 93 et La Roque 90. Aux Cascade de Sautadet 90, vous découvrirez des chutes spectaculaires avec des bassins profonds aux eaux bouillonnantes, des chutes dans lesquelles glisser, des falaises pour les plongeons de haut vol et une plage aux eaux profondes pour de longues baignades en aval. En amont, les parties de rivières sont plus calmes et ont des eaux cristallines typiques à cette région. Les Concluses 91 forment un magnifique ravin érodé qui s’assèche parfois, mais offre un endroit ombragé rafraîchissant après la garrigue desséchée à l’ouest.

L’Hérault, drainant le sud du Massif Central, suit un schéma similaire à celui du Gard. S’élevant au sein des forêts de chênes et de châtaigniers et s’écoulant sur les rochers, ses eaux claires s’engouffrent à travers des gorges profondes pour irriguer les vignobles méditerranéens du Languedoc. Prévoyez du temps pour visiter l’un des plus beaux villages de France, Saint-Guilhem-le-Désert 94. Vous y découvrirez une magnifique église abbatiale romane. Le bâtiment austère, mais à l’ambiance particulière n’a été que légèrement réduit par la vente de son cloître à New York au 19ème siècle. Les demeures aux carreaux de terre cuite superbement préservées et les jardins fleuris de Saint-Guilhem sont blottis à proximité du Verdus, qui s’écoule dans l’Hérault en aval. Lorsqu’elle n’est pas en crue, la longue portion aux eaux profondes de cette région vous offre de superbes possibilités d’aventures de baignade. Explorez les gorges étroites qui serpentent parmi de superbes flèches et des sculptures rocheuses ou louez un canoë et prenez la direction du splendide Pont du Diable 94, à quelques kilomètres en aval – son vaste bassin naturel et sa plage attirent une grande partie des habitants de Montpellier pendant le week-end. Les amateurs des grottes pourraient être tentés par les stalactites de la Grotte de Clamouse, qu’on atteint par une rivière souterraine.

Heureusement, peu de cars de touristes s’aventurent en amont, sur les sections de l’Hérault vers Ganges, alors échappez à la foule et dirigez-vous vers le pont, les gorges et les plages sauvages dans le petit village paisible de Saint-Étienne d’Issensac 95. Ici, vous pouvez nager en aval dans les grands lagons de la partie endiguée de l’Hérault, ou explorer les rapides et les cascades en amont. Il y a deux campings idylliques et discrets le long de cette section 95, 95a. Un des affluents de l’Hérault, le Lamalou, descend vers le Ravine des Arcs 96a, un endroit isolé avec des bassins pour les baignades au début de l’été sous le Grand Arc. 10 kilomètres plus loin vers l’est, le long du merveilleux, mais très petit affluent qu’est la Buèges 100, vous trouverez l’adorable village de Saint-Jean-de-Buèges, situé autour d’une aiguille rocheuse avec un château et des ruelles étroites. Ici, le cours d’eau émerge de sources profondes dans les montagnes et ses eaux bleues iridescentes s’écoulent vers l’Hérault par de splendides cascades et des bassins de forêts.

La Vis, un autre affluent, rejoint l’Hérault depuis l’ouest, plus en amont à Ganges. La plupart des gens se rendent aux amusantes cascades et aux bassins à proximité de Saint-Laurent-le-Minier 97, mais une excursion jusqu’à la source de la rivière, en amont du Cirque de Navacelles à Moulin de la Foux 98a vaut le déplacement. Dans un cadre directement sorti d’un sombre conte de fées, la rivière fait irruption dans un ancien moulin en ruine, construit à l’intérieur d’une grotte qui se trouve au fond d’une fissure du flanc de la montagne. L’eau y a une couleur bleue minérale distinctive et baigne les bassins et la gorge dans une lumière éthérée. Le Cirque lui-même, dans le Parc Naturel Régional du Haut Languedoc, est très impressionnant, en particulier lorsqu’on le voit depuis la route quelques 600 mètres en amont. Ici les gorges de la rivière ont creusé un large bras mort parfait dans les plateaux calcaires du Causse de la montagne, laissant une colline semblable à une île sur laquelle se trouve le hameau historique de Navacelles 98. Une cascade spectaculaire avec un bassin profond déverse ses eaux en aval.

En direction de l’ouest depuis l’Hérault, le Lac de Salagou 94a aux eaux chaudes et peu profondes est un endroit étonnant avec son paysage martien de dunes rouges formées de terre riche en fer. Le long de sa rive sauvage, il y a de nombreux endroits où se baigner et le village fantôme de Celles – abandonné lors de la création du lac, mais jamais réellement submergé – fait une intéressante diversion.

L’Orb est un cousin moins connu de l’Hérault, et la deuxième plus grande rivière du département drainant ses flancs occidentaux. La vieille ville de Roquebrun dispose d’une plage de rivière populaire 102a. En vous dirigeant en aval vers Cessenon 101, 101a vous découvrirez un ensemble de bassins rocheux et de plages tranquilles. Le climat dans la région est doux et les vignobles sont justement célébrés, alors n’oubliez pas d’essayer le vin rouge primé, Saint-Chinian, que vous pouvez goûter dans divers domaines des alentours. Le « Jardin Méditerranéen », un parc public exotique, se trouve en amont de la rivière.

En amont, la rivière forme des méandres et son débit est plus calme, cette section est donc idéale pour la pratique du canoë, en particulier depuis le moulin et le pont de Tarassac. Ici au sud du Parc Régional du Haut Languedoc, deux ravins à proximité et leurs affluents – les Gorges d’Héric 103 et les Gorges de la Colombière 103a – offrent un bon choix de bassins profonds de montagne étincelant entre de gros rochers et surplombés par les pics pointus des Monts d’Espinouse qui semblent percer les nuages blancs. Mon préféré porte le nom attirant de Gouffre du Cerisier, qui évoque des visions de plongeons dans des eaux de montagnes douces et limpides.