Les Cévennes

Les hautes montagnes des Cévennes se trouvent dans le cœur sauvage de la France. Ici, le loup rôde encore et les forêts de châtaigniers abritent des bassins aux eaux cristallines. S’écoulant à travers les plateaux de calcaire, la principale rivière de la région, le Tarn, a creusé une série de magnifiques gorges à vous couper le souffle.

 

Le Tarn est une rivière aux eaux turquoise idéale pour nager et pratiquer le canoë, elle offre des plages blanches et des bassins sableux bordés d’une forêt luxuriante dans un cadre d’une beauté sauvage. Vous êtes au cœur même de la nature et vous pouvez observer des castors et des loutres, de grosses truites s’élançant sur le lit de la rivière et des aigles et des vautours fauves planant parmi les pics de calcaire.

À l’est, le Tarn s’élève sous le point le plus élevé du Massif Central, le pic de Mont Lozère. Ici, des troupeaux clairsemés de moutons paissent sur les flancs de la montagne couverts de bruyères. Vous trouverez dans cette région de parfaits bassins rocheux sous un soleil de plomb. En aval de l’Hôpital, un grand bloc naturel de pierre a barré la rivière pour créer un bassin et une passerelle 111b. L’élégant Pont-de-Montvert, site de la rébellion des Camisards au 18ème siècle, dispose de son propre gouffre – un grand bassin aux eaux profondes et claires avec de plus gros blocs de rochers idéaux pour les bains de soleil et les plongeons 111. En continuant en aval le long de la magnifique vallée vers Florac, vous découvrirez des vues tentantes du Tarn et de ses bassins. Gardez l’œil sur les aires de repos informelles où une ou deux voitures sont déjà garées, ensuite, recherchez un sentier qui descend vers l’eau 110a.

Lorsque Robert Louis Stevenson traverse les Cévennes en 1878, il décrit les couleurs vert de mer envoûtantes des bassins isolés et rêve d’y plonger nu (voir à gauche). Son voyage avec son âne récalcitrant, Modestine, a débuté à Puy-en-Velay et s’est terminé à Saint-Jean-de-Gard, suivant en grande partie le cours supérieur du Tarn en direction de Florac. L’écrivain avait eu une mauvaise santé dans son enfance, et ce voyage, effectué alors qu’il avait une vingtaine d’années, était pour lui une quête d’aventure. Il espérait également gagner suffisamment d’argent grâce à son récit pour épouser la femme qu’il aimait. Stevenson avait même commandé un sac de couchage – tellement grand et lourd qu’il devait le transporter à dos d’âne – pour pouvoir camper à la belle étoile.

En continuant à descendre le Tarn au-delà de Florac, le flanc occidental des Cévennes se caractérise par des causses : de grands plateaux d’un ancien fond océanique tropical composés de coraux et de plancton. Le calcaire est omniprésent et au fil du temps, l’action implacable de l’eau et du vent l’a érodé pour créer des gorges en méandre et de tors battus par les éléments. Nombre de ces gorges sont spectaculaires, de l’étroit passage des Détroits 112 aux étranges tors rocheux, notamment l’étrange Rocher de Champignon, baptisé de la sorte en raison de sa forme 114.

Sur certains points, les gorges du cours inférieur du Tarn sont similaires aux gorges de l’Ardèche, toutefois, elles sont non seulement plus profondes, mais également plus accessibles – la route longe les gorges et ne les surplombe pas. En conduisant dans les gorges, arrêtez-vous dans les étonnants villages médiévaux situés au pied des montagnes ou accrochés au bord des falaises et admirez comment certaines maisons restent encore accessibles uniquement par un système de poulie ou par bateau. Il y a un sentier le long de toute la rive gauche du Tarn, bien que celui-ci ne passe pas toujours juste au bord de l’eau. Le canoë reste la meilleure manière d’explorer cette rivière. Une des plus belles sections est la partie en aval de La Malène 108, 112 et 114.

Au sud, la Jonte coule parallèlement au Tarn. Là, le paysage est encore plus sauvage avec des aiguilles rocheuses spectaculaires qui s’élancent vers le ciel depuis les causses balayés par le vent. Niché au cœur des tors isolés du Causse Noir, le petit Ermitage Saint-Michel, créé sur les restes d’une ancienne forteresse, trône en haut d’une colline, tel un nid de rapace. Le sentier de la corniche, spectaculaire et bien balisé, mène du pont au Rozier. Suivez l’itinéraire dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et il vous ramènera le long de la Jonte en passant par un barrage et un bassin. Sur la rive opposée de la rivière, accessible depuis la route, vous pouvez trouver un autre ermitage – une minuscule pièce avec une ancienne cheminée – construit dans une grotte située dans les falaises le long d’un bassin pittoresque de la rivière 115.

Stevenson ne s’est pas aventuré dans les gorges inférieures. Depuis Florac, son voyage l’a conduit à Mont Aigoual, en suivant initialement le Tarnon et ses magnifiques criques et ses superbes bassins 117–117b. Plus haut, il y a encore d’autres bassins de montagne et très peu de visiteurs. J’ai entendu parler des cascades du Tapoul 116 quelques années auparavant par un baigneur que j’ai rencontré dans les sources chaudes de Prats-Balaguer (voir Nager 128) dans le Roussillon. Il avait fait une longue randonnée en solitaire dans les hautes Cévennes et après s’être égaré, il a découvert cette oasis cachée. L’endroit est propice à la contemplation paisible. Vous pouvez vous y baigner dans des bassins creusés dans le granit lisse, bercé par le son de la chute d’eau.

Depuis le sommet du Mont Aigoual, qui est plus un plateau ondulant qu’un pic, on dit qu’on peut voir un tiers de la France – des Alpes aux Pyrénées, ainsi qu’une grande partie de la côte méditerranéenne. À l’est, le terrain tombe brusquement dans l’Hérault avec les splendides bassins verdoyants de l’arboretum Hort-de-Dieu loin en aval 118. À l’ouest, le débit de la rivière « Le Bonheur » prend de la vitesse avant de déboucher dans son grand gouffre : l’Abîme de Bramabiau 119a. Ici, la rivière disparaît dans une série de grottes souterraines. Des passerelles vous emmènent à l’intérieur depuis la base de la rivière, mais peu d’entre eux explorent la grotte béante à son point d’entrée sur la colline au-dessus. Ici un haut tunnel, suffisamment grand pour plusieurs bus à double étage, mène à l’abîme bordé de troncs d’arbres et de débris amenés là dans le chaos provoqué par de grandes inondations.

Le Bonheur adopte un cours plus calme en aval, où il présente une série de bassins situés dans une magnifique forêt de châtaigniers 119, ensuite, rejoignez le Trèvezel 119c et enfin les magnifiques gorges de la Dourbie. Il s’agit de l’une des rivières les plus sauvages de la région et mes propres explorations autour du village de Dourbies au bord de la rivière il y a quelques années ont impliqué de nombreuses descentes sur d’anciens sentiers dont certains sont utilisés par les pêcheurs, tandis que d’autres mènent à de vieilles mines ou à des cabanes de chasse 120a–120c. Un pêcheur m’avait parlé d’une marmite géante – le bassin le plus grand et le plus profond qu’il avait jamais vu – je me souviens être parti à sa recherche tandis que la lumière du soir commençait à pâlir 120. Je suis arrivé à la cascade dans la brume du crépuscule, l’eau prenait une couleur d’encre et des ombres semblaient se dissimuler sous sa surface. Je me suis glissé dans la fraîcheur des profondeurs depuis un doux rebord de granit, mais je ne m’y suis pas attardé trop longtemps. Cette fois, j’y suis retourné pour nager en plein jour.